Scrum et les types de personnalité

Lors d’une formation au coaching par Véronique Messager, j’ai pu être un peu initié à la process com, et à ses 6 types de personnalités : travaillomane, persévérant, rêveur, rebelle, empathique et promoteur. Avec les réserves que je peux avoir sur ce genre de classification des gens en seulement 6 rubriques.

Un peu plus tard, je me suis dit : L’organisation d’un projet agile  prend une forme concrête qui dépend du contexte. Mais c’est quoi le contexte ?
Et si ce contexte dépendait surtout de la personnalité du business (notamment le product owner) et de l’équipe (notamment le Scrum Master)  ?

Voici donc, pour les 6 profils, des exemples en situation de stress léger (comme pour tout projet agile)

Empathique (compatissant, sensible, chaleureux)

  • Un product owner « empathique » voudra faire plaisir à tout le monde, et n’arrivera pas à trancher.
  • Un scrum master empathique n’arrivera pas à mettre les pieds dans le plat, à recadrer par exemple le product owner par rapport à scrum, à la vélocité, aux interuptions et aux changements de périmètre en cours de sprint.
  • Un membre d’équipe « empathique » voudra faire plaisir à ses collègues (et se laissera donc marcher sur les pieds), au product owner (et prendra donc le risque de ne pas finir ce qui est prévu)

Travaillomane (logique, responsable, organisé)

  • Un product owner « travaillomane » fournira des user stories hyperdétaillées et contraignantes, et ne voudra pas les renégocier ensuite (3C)
  • Un scrum master « travaillomane » voudra tu contrôler par lui même, tracer, calculer, prévoir et n’arrivera pas à déléguer à l’équipe, qui du coup ne prendra pas ses responsabilités.
  • Un membre d’équipe « travaillomane » voudra tout planifier, attribuer toutes les tâches en début de sprint

Persévérant (dévoué, respectueux des règles, consciencieux)

  • Un product owner « persévérant » n’arrivera pas à prendre du recul, ne vera que ce qui ne va pas lors des démos, et démoralisera tout le monde.
  • Un scrum master « persévérant » voudra convaincre l’équipe du bien fondé de son point de vue, et par ailleurs la soupçonnera de ne pas être engagée à fond.
  • Un membre d’équipe « persévérant » sera très à cheval sur la règle et aura beaucoup de mal à imaginer que l’on puisse ne pas être d’accord avec lui

Reveur (imaginatif, réfléchi, calme)

  • Un product owner « reveur » se plaindra de ne jamais avoir le temps de réfléchir avec le rythme itératif.
  • Un scrum master « reveur » fonctionnera en mode réactif, sans leadership.
  • Un membre d’équipe « rêveur » aura du mal à s’intégrer aux rituels, à rendre compte de son avancement.

Rebelle (spontané, créatif et ludique)

  • Un product owner « rebelle » aura du mal à se plier aux contraintes de scrum, à préparer ses user stories, à répondre.
  • Un scrum master « rebelle » mettra un bonne ambiance quand ca va bien, râlera beaucoup le reste du temps.
  • Un membre d’équipe « rebelle » mettra beaucoup d’animation mais aura du mal à faire ce qui aura été décidé par l’équipe

Promoteur (adaptable, persuasif et charmeur)

  • Un product owner « promoteur » utilisera tous les moyens (manipulation comprise) pour aboutir à ses fins, et réagit très négativement quand il n’a pas ce qu’il veut.
  • Un scrum master « promoteur » n’offre pas tout le soutien nécessaire aux membres de l’équipe, et tord le processus scrum pour atteindre ses buts personnels.
  • Un membre d’équipe « promoteur » utilisera les moyens les plus déloyaux pour se faire attribuer les tâches qui l’intéressent.

Suivant la combinaison Product Owner + Scrum Master + membres d’Equipe, le processus Scrum sera appliqué de manière plus formelle ou plus lâche, les rituels se passeront de telle ou telle manière, les user stories embarqueront ou non des éléments de solution difficiles à négocier ensuite, le sprint burndown sera ou non tracé, etc…

Ou placeriez vous votre scrum master et votre product owner et vos membres d’équipe ?

Voyez vous un lien avec le fonctionnement de votre projet ?

Et enfin quel autre facteur est à considérer, si on fait abstraction des personnalités des personnes ?

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A propos pierrefauvel

Project Leader and/or Agile Coach. Pragmatic. Hard core Zen inspired.
Cet article a été publié dans Agile, Humain. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Scrum et les types de personnalité

  1. gurneyalex dit :

    Et toi tu te situes où, en tant que Scrum Master ?

    Personnellement, je ne me reconnais pas dans les catégories proposées. J’imagine qu’il y a des tests avec des QCM qui te disent dans quelle case KCF te range… Sur d’autres systèmes entrevus lors de rencontres agiles, je m’étais plus reconnu que là…

    • pierrefauvel dit :

      Le test en question me donne empathique avec ascendant persévérant, ce qui me correspond pas mal. J’ai grossi le trait dans le post pour faire passer le message, du coup ça parait vraiment caricatural. Ceci étant j’ai que même du mal à l’idée de limiter le modèle à 6 types de personnalité. Le rapport détaillé fourni était plus fouillé, c’est la synthèse en 6 types qui est simpliste.

  2. jcmeyrignac dit :

    Complètement d’accord avec toi, ce genre de classification est purement artificiel et strictement inutile.

    Personnellement, je considère que nous avons tous un pourcentage de chacune de ces caractéristiques, j’aime utiliser l’image de curseurs que l’on règle pour définir notre personnalité, et le plus étonnant c’est que ces curseurs changent au fur et à mesure de notre vie.

    Le gros danger des méthodes de classification est de placer les individus dans des cases en moins de 5 minutes, et de les y laisser pourrir à jamais !
    Certains RH utilisent ce genre de classification arbitraire pour donner un avis en 5 minutes (embauchable ou pas), c’est plus simple pour eux de juger les gens que de chercher ce qu’ils peuvent vraiment apporter à l’entreprise.
    Et les entreprises recourant le plus à ce genre de méthodes ose mettre en avant le côté humain de leur entreprise.

    • pierrefauvel dit :

      C’est tout à fait mon avis, ces curseurs. Et donc si la conclusion est criticable, la démarche de se mettre à l’écoute d’autres besoins psychologiques que les siens est louable et enrichissante. Et elle contribue à expliquer pourquoi il n’y a pas 2 projets agiles qui fonctionnent de la même façon.

  3. Jean-Charles, le modèle de la PCM (Process Communication) considère, précisément, que nous sommes un immeuble ou une pyramide de personnalités, autrement dit un pourcentage de chaque personnalité. Nous ne sommes pas qu’un.
    Le post de Pierre est effectivement un peu caricatural (quoique !), mais illustre bien des situations et des combinaisons possibles.
    Je ne suis pas d’accord avec toutes les interprétations.

    • jcmeyrignac dit :

      Véronique, le PCM a 2 erreurs fondamentales:

      1) de mon point de vue de chercheur en développement personnel, la catégorisation des individus introduit une limitation du potentiel.
      Je m’explique: quand on commence à travailler sur soi, la première chose qui commence à tomber, ce sont les limitations et ensuite viennent les identifications. S’identifier à tel ou tel caractère indique que tu limites ta personnalité.
      Toutes ces identifications introduisent une psychorigidité.
      Par exemple, si je me qualifie comme quelqu’un de pas rêveur, c’est que je me considère comme non créatif.
      Très franchement, je suis tous ces caractères à la fois, et plus je travaille sur moi, moins je suis capable de me définir avec des mots, vu que mes barrières mentales tombent.
      Les questions sont: quelles sont mes limites humaines ? Jusqu’où je peux aller ? Qu’est-ce que je peux arriver à faire ?
      2) de mon point de vue de bouddhiste, tout ce travail d’analyse de la personnalité est juste comme essayer d’analyser les parties superficielles de soi. Très honnêtement, ça n’a pas grand intérêt.
      La question est: qui suis-je ? Attention, je ne veux pas dire: qu’est-ce que je peux devenir ou qu’est-ce que je suis capable de faire.

      Pour ma part, j’ai envie de créer un test de personnalité pour découvrir quelles sont nos limitations, afin de découvrir qu’on peut les faire sauter facilement.
      J’ignore si un tel test existe déjà.

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